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Terra Award – Architecture en terre d’aujourd’hui

Du 1 février 2018 au 8 février 2018


Le service Génie Architectural Urbain de la Faculté Polytechnique de l’Université de Mons vous invite à découvrir l’exposition Terra Award – Architecture en Terre d’aujourd’hui.

Après avoir marqué les constructions du passé, l’architecture en terre crue revient sur le devant de la scène. Venez découvrir les 40 finalistes du TERRA Award, premier prix mondial d’architecture contemporaine en terre crue ! Cette exposition accessible aux plus jeunes comme aux plus grands rend compte de l’activité florissante de cette technique de construction qui révèle une architecture vernaculaire pour des ambitions contemporaines.

Une soirée de conférences vous permettra de découvrir l’architecture en terre crue et ses acteurs belges.

Contexte

L’architecture en terre crue, avec son histoire millénaire, peut sembler une technique d’un passé révolu. Pourtant, elle présente de nombreux avantages qui restent toujours aussi intéressants aujourd’hui. Tout d’abord, là où les matériaux usuels actuellement que sont le béton armé et l’acier sont souvent importés depuis des milliers de kilomètres, la terre peut généralement être extraite à proximité du lieu d’utilisation. Par exemple, on trouve de l’argile à plusieurs endroits en Wallonie, notamment à Houyet dans la province de Namur. Cela stimule aussi l’économie locale. Des entreprises ont d’ailleurs récemment vu le jour en Wallonie (Argibat, Terre d’Hautrage, Argilières d’Hins, etc.), qui produisent et commercialisent ces matériaux de construction, faisant le lien entre l’expérience de la tradition et la modernité de l’innovation. Ensuite, l’extraction de la terre et sa mise en œuvre requièrent considérablement moins d’énergie que les matériaux usuels ; cela dégage donc aussi beaucoup moins de CO2. Par exemple, préparer de la terre crue consomme déjà 6 fois moins d’énergie que les briques cuites. Enfin, la terre est entièrement recyclable (si on n’y a pas ajouté de ciment ou de chaux), et ce sans perte de qualité. La terre constitue donc un matériau de construction très écologique, particulièrement indiqué pour faire face aux bouleversements qui nous attendent.

Mais ce n’est pas tout : la terre continue à représenter également un matériau très confortable à habiter. Son inertie thermique (appréciée dans les bâtiments passifs) protège des fortes chaleurs (réduisant ainsi la facture de climatisation), son isolation acoustique contribue à la vie en milieu dense, son hygroscopie régule le taux d’humidité, et son caractère naturel en fait un matériau sain (absence d’adjuvants chimiques, pas de risques d’allergie).

La terre présente donc toutes les caractéristiques d’un matériau d’avenir ! Mais trop souvent, elle a encore cette image traditionnelle ; par conséquent, elle n’est pas enseignée aux futurs architectes et constructeurs. En Europe, le patrimoine existant est méconnu et peu protégé, ce qui mène à sa disparition rapide.

Pourtant, la terre crue est totalement compatible avec une architecture résolument contemporaine. En témoigne notamment, près de chez nous, la construction l’an passé du premier bâtiment public en terre crue du Benelux : une tour d’observation au parc naturel de Negenoord dans le Limbourg, par le bureau d’architectes « De Gouden Liniaal ».

Ce qui a motivé l’architecte et chercheuse française Dominique Gauzin‐Müller à créer le TERRA Award, premier prix mondial d’architecture contemporaine en terre crue. C’était aussi l’occasion de rassembler et faire se confronter des initiatives qui se développaient jusque là de manière relativement isolée, notamment en France et en Allemagne. La première édition de ce prix a eu lieu en 2016, et a reçu un nombre de candidatures beaucoup plus élevé que ce que les organisateurs avaient imaginé. Plusieurs dizaines de projets ont été sélectionnés et constituent l’essentiel de l’exposition. On découvre ainsi des bâtiments qui, sans cela, seraient restés dans l’ombre dans laquelle les a jetés leur recours à un matériau marginal ; pourtant, c’est cette utilisation de la terre qui en fait des lieux à proprement parler stupéfiants, tant leur aspect en devient inhabituel… et séduisant. Leur juxtaposition mène aussi à des confrontations frappantes.

Le jury, présidé par l’architecte chinois Wang Shu, lauréat du prix Pritzker en 2012, a distingué 9 projets. Depuis, l’exposition tourne dans le monde entier.

En Belgique francophone aussi, les acteurs concernés ont été enthousiasmés par la qualité de ses projets : toutes les universités, une haute école, le Cluster Ecoconstruction wallon, le Cluster EcoBuild bruxellois et le CERAA. Grâce à leur collaboration, l’exposition prend à présent ses quartiers à Bruxelles, après Namur, Liège et Tournai et avant Mons et Louvain‐la‐Neuve, pour la plus longue escale de cette itinérance. Parallèlement, une version flamande est en cours de préparation et circulera dans la partie néerlandophone du pays.

Nous espérons que cette exposition inspire puissamment notre pratique de l’architecture, ici, chez nous, dès aujourd’hui.

Contenu

L’exposition se compose principalement d’une cinquantaine de panneaux rigides d’environ 75/100 cm.

Pour commencer, 6 panneaux présentent les différentes mises en œuvre possibles de la terre crue ; ils sont complétés de sacs de matériaux de base, dont l’origine, locale, est renseignée, ainsi que de prototypes. Ils sont faits pour être touchés ! Ainsi que la terre en suscite systématiquement l’envie.

Ensuite, quelques panneaux présentent les personnes impliquées dans le prix et rendent hommage à différents pionniers.

Puis sont présentés tous les projets sélectionnés dans les 5 catégories de programme : logement, équipement public, bureaux/industrie, aménagement intérieur et développement local.

On y retrouve notamment un projet d’une architecte belge, Odile Vandermeeren : une école de couture à Niamey (Niger).

Finalement, un dernier panneau présente les 20 projets ayant reçu une mention. Encore une fois, un bureau belge s’y distingue : BC Architects (en collaboration avec le collectif français M.A.M.O.T.H.), avec une école maternelle à Aknaibich (Maroc).

À côté de tout cela, le groupement belge francophone a tenu à contextualiser le sujet de la terre crue en Belgique. À cet effet, plusieurs panneaux spécifiques ont été produits, présentant :

les entreprises locales existantes, avec des échantillons des produits qu’elles proposent ;

l’histoire de la construction en terre en Belgique ;

un état des lieux de la construction contemporaine en terre en Belgique ;

des initiatives récentes du monde éducatif pour former à la construction en terre crue : workshop d’initiation à la mise en œuvre de la terre (Faculté d’Architecture de l’ULB), workshop au Maroc (UCL), workshop de Sint‐Lucas, etc.

En complément de l’exposition, le passeport jeune

Pour offrir aux plus jeunes un axe de visite qui leur soit adapté, un livret (12 pages) leur est spécialement destiné. À partir de 10 ans environ ou plus jeune encore, si un adulte donne un coup de main !

Conférences

Une soirée de conférences est organisée le 08 février à partir de 19 h à la Maison Folie, Espace des possibles à Mons

Rue des Arbalestriers 8, 7000 Mons. Entrée gratuite

1 matériau/3 approches

  • Util (Ingénierie des structures) – tour d’observation au parc naturel de Negenoord (Limbourg)
  • Karbon’ (Bureau d’architecture) – habitat groupé à Profondsart (Brabant Wallon)
  • UCL LOCI Tournai (Faculté d’architecture) – caractéristiques de la terre crue et son utilisation dans la construction

Informations générales

01/02/2018 - 08/02/2018 , 10:00 - 18:00
Maison Folie
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